Le jeudi 16 septembre se tenait une conférence de presse sur les enjeux démocratiques, environnementaux, sociaux et financiers liés à l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, attribués aux régions Auvergne–Rhône-Alpes et PACA.

Cette conférence de presse avait lieu à l’Assemblée nationale car après avoir été adopté au Sénat, le projet de loi visant à organiser les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 arrive à la chambre basse.

L’occasion pour moi de revenir sur l’examen du texte au Sénat en juin : une loi olympique adoptée à marche forcée, sans réel débat démocratique, qui ouvre la porte à des dérives financières, sociales et environnementales. Comme nous l’avions dénoncé en commission et dans l’hémicycle, ce projet engage des financements publics massifs, impose des dérogations et affaiblit l’intérêt général.

Voici un compte-rendu de la conférence de presse :

Dénonciation du déni démocratique

Les intervenant•es (élu•es, juristes, collectifs citoyens) ont insisté sur l’absence totale de consultation publique, en contradiction avec le Code de l’environnement et la Convention d’Aarhus. Alors que d’autres pays candidats (Espagne, Japon, Canada, Suède, Suisse) ont renoncé à candidater, ont retiré leur candidature, ou ont consulté leurs citoyennes et citoyens, la candidature française a été présentée sans débat ni référendum.

Des contrats déséquilibrés avec le CIO

Les régions hôtes n’ont que des obligations financières, tandis que le Comité international olympique conserve l’ensemble des bénéfices. Les clauses prévoient même que les litiges soient arbitrés en Suisse, ce qui prive les citoyennes et citoyens de recours effectifs. M. Jean-François Coulomme, député LFI-NFP de la 4ème circonscription de Savoie, parle d’un « contrat léonin ».

Des impacts environnementaux majeurs

Les Jeux impliquent la construction ou la rénovation d’infrastructures en montagne (neige artificielle, routes élargies, villages olympiques, hôtels de luxe, remontées mécaniques). L’empreinte carbone estimée est supérieure à 800 000 tonnes de CO₂ (soit 470 000 allers-retours Paris–New York). Les organisateurs parlent de « greenwashing » qui masque la poursuite d’un modèle touristique dépassé.

Des conséquences sociales et sécuritaires

Pour l’organisation de ces Jeux, il y a un risque de recours massif aux bénévoles assimilés à du travail dissimulé, mais aussi un risque d’explosion des prix immobiliers pour les habitantes et habitants locaux. Côté sécurité, nous pouvons nous attendre à la mise en place de dispositifs sécuritaires renforcés (vidéosurveillance algorithmique, interdictions administratives, fouilles arbitraires).

Des dérives budgétaires

Le budget officiel (près de 2 milliards d’euros) est jugé largement sous-estimé, avec un risque de dépassements similaires à Paris 2024 (où la Cour des comptes chiffre déjà 2,1 milliards d’euros pour la seule mobilisation des services de l’Etat). Les amendements au Sénat transférent la charge financière des régions vers l’Etat, donc l’ensemble des contribuables. Plusieurs infrastructures sont jugées disproportionnées ou inutiles (patinoires géantes, tremplins déficitaires, ascenseurs valléens).

Recours juridiques en cours

Les collectifs et élu•es ont annoncé plusieurs actions : des référés devant les tribunaux administratifs de Paris, Lyon et Marseille, et une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) sur le non-respect du droit constitutionnel à la participation du public.

Une alternative proposée

Au-delà de la critique, les intervenant•es défendent une autre vision : des Jeux sobres, respectueux des habitants, de l’environnement et utilisant les infrastructures existantes, voire une rupture avec le CIO jugé « nuisible et vénal » par le député LFI.