Le 28 février, les États-Unis et Israël ont lancé des frappes d’une ampleur sans précédent contre l’Iran, dans un contexte de tensions accumulées depuis des années. Ces frappes ont entraîné la mort du Guide suprême iranien Ali Khamenei et déclenché une riposte massive de la République islamique contre les pays du Golfe hébergeant des bases américaines, mais aussi contre la Jordanie, l’Irak, l’Azerbaïdjan et, via des drones, la base aérienne britannique d’Akrotiri à Chypre. Notre propre base navale à Abou Dhabi a été touchée le 1er mars.

400 000 Français vivent ou séjournent dans les pays directement frappés par ce conflit. Beaucoup sont confrontés depuis plusieurs jours à des questions angoissantes : leur sécurité, celle de leurs enfants, la fermeture des espaces aériens, des hôtels qui doublent leurs prix, des lignes consulaires saturées. Les premiers vols de rapatriement ont commencé mais des dizaines de milliers de personnes attendent encore. Cette crise révèle ce que nous défendons au Sénat depuis des années : davantage de moyens humains et budgétaires pour notre réseau diplomatique et consulaire, chroniquement sous-financé, et qui se retrouve en première ligne quand l’histoire s’emballe. Il mérite des moyens à la hauteur de sa mission.

Cette crise ne peut pas non plus être lue sans rappeler ce que traverse le peuple iranien depuis des mois. Avant même ces frappes, la République islamique et le Corps des gardiens de la révolution menaient une répression d’une violence extrême : plus de 1500 exécutions en 2025 selon l’ONG Iran Human Rights (un triste record depuis 35 ans) et des milliers de morts lors de la répression des soulèvements populaires de janvier dernier. Le peuple iranien doit être seul maître de son destin et de son avenir politique. Ce droit fondamental ne saurait être ni confisqué par un régime répressif, ni instrumentalisé au profit d’aucune puissance étrangère.

L’Europe a enfin l’occasion de faire entendre une voix distincte et indépendante, fondée sur le droit international et le respect des droits humains, pas seulement pour nos compatriotes sur place mais pour toutes les populations civiles victimes de cette spirale de violence.

Mathilde Ollivier
Sénatrice des Françaises et Français établis hors de France