Nous venons de clore au Sénat l’examen en première lecture du projet de loi de finances pour 2026 : un marathon budgétaire dans un contexte politique totalement inédit.

À l’Assemblée nationale, un seul député a voté pour le premier volet du budget. Au Sénat, la majorité de droite et du centre a choisi une tout autre voie : réduire encore les recettes publiques. Voici huit ans que les gouvernements successifs vident les caisses, et nous en voyons désormais les effets : affaiblissement des services publics, fragilisation écologique, recul des solidarités, perte de capacité de recherche et d’innovation et de moyens pour nos collectivités.

Au lieu d’admettre cet échec, la majorité sénatoriale a aggravé le déséquilibre. Elle a préféré supprimer la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises : entre 4 et 6 milliards d’euros envolés. 

Dans le même temps, elle s’est attaquée à la fiscalité environnementale : suppression de la taxe sur les emballages plastiques, baisse de redevances pour les industriels polluants, absence totale de progressivité sur la fiscalité du gaz, etc. 

Le résultat est sans appel : un budget injuste, incohérent, qui épargne les ultras-riches et les grands groupes tout en demandant des efforts croissants au reste des Françaises et Français.

Dans ce PLF, l’austérité frappe des secteurs essentiels : la jeunesse, le sport, la vie associative, qui devraient être au cœur de la reconstruction sociale et écologique. Et lorsqu’il s’agit d’évoquer les conditions de vie des Françaises et Français de l’étranger, nous constatons trop souvent une déconnexion profonde de la droite sénatoriale, qui ignore la réalité de ces parcours, faits de complexités administratives et de services publics moins accessibles.

Un compromis devenu impossible

Soyons lucides : dans cet hémicycle, l’espace du compromis est aujourd’hui fortement réduit. La majorité sénatoriale n’a pas cherché à construire mais à détricoter. Et si quelques victoires subsistent, elles restent marginales au regard du déséquilibre global du texte. 

Face à ce budget qui tourne le dos à la transition écologique, à la justice sociale et aux territoires, les écologistes du Sénat ont voté contre. C’était la seule position cohérente.

Notre rôle ne s’arrête pas là. Nous continuerons à proposer, à construire un programme sur le long terme.

Parce que le projet écologique est l’un des rares horizons encore capables de rassembler, de réparer et de préparer l’avenir.

En vous souhaitant de belles fêtes de fin d’année,

Mathilde Ollivier