Le sport professionnel traverse une crise profonde et grave. Gouvernance opaque, enrichissements injustifiables, gestion financière irresponsable : le rapport sénatorial sur la financiarisation du football professionnel a mis en lumière un déficit cumulé de plus de 1,2 milliard d’euros pour les clubs de Ligue 1 et Ligue 2. Ces dérives sont le produit d’un modèle ultra-financiarisé, dépendant de droits TV en chute libre et d’investissements spéculatifs étrangers.
Le rapport de la mission sénatoriale sur la financiarisation du football professionnel (2024) a pointé ces dérives fortes : gouvernance opaque, enrichissement injustifié de certains dirigeants, baisse inquiétante des droits audiovisuel, et des déficits cumulés très importants dans les clubs de Ligue 1 et Ligue 2.
Le texte du Sénat, déposé le 18 mars 2025 par Laurent Lafon, et examiné en commission ainsi qu’en séance publique le 10 juin 2025, vise à répondre à ces enjeux. Il prétend réformer la gouvernance des ligues et fédérations, renforcer le contrôle de gestion des clubs, limiter certaines pratiques financières, et renforcer la transparence, notamment dans la gestion des contenus audiovisuels sportifs.
Mais plus qu’une réponse technique, c’est une remise en question du modèle ultra-financiarisé dans lequel certains grands clubs vivent au-dessus de leurs moyens, mettant en péril l’équilibre entre clubs, la cohésion territoriale, et souvent les valeurs du sport.
Donc oui, il fallait une réaction. Oui, il fallait légiférer.
Nous saluons le travail de la commission et les avancées qu’apporte ce texte :
- Un encadrement renforcé des sociétés de gestion des droits audiovisuels,
- Un contrôle accru de l’État et des fédérations,
- Le plafonnement des rémunérations des dirigeants,
- Davantage de transparence dans la gouvernance.
Ces mesures vont dans le bon sens. Mais il faut aller plus loin. Avec le groupe Écologiste – Solidarité et Territoires, nous avons défendu plusieurs propositions :
- Intégrer les supporters dans les instances de gouvernance,
- Consulter systématiquement les associations de lutte contre les discriminations,
- Instaurer un véritable volet anticorruption,
- Et inscrire la transition écologique au cœur des politiques sportives.
Parce que le sport ne peut continuer à fermer les yeux sur le racisme, le sexisme ou l’homophobie. Parce que le sport doit aussi faire face au défi climatique.
Mon groupe a voté en faveur de cette proposition de loi, mais avec exigence et vigilance. Le sport professionnel n’appartient ni aux fonds d’investissement, ni aux dirigeants qui se l’approprient. Il appartient aux joueurs, aux éducateurs, aux supporters, aux bénévoles, aux territoires. C’est à eux que nous devons rendre des comptes. Et pour eux, nous continuerons à agir.
Regardez mon intervention en hémicycle :





