Ce vendredi 13 février, nous avons organisé au Sénat la projection du documentaire « Faites entrer la nature, la bataille pour les droits de l’Océan ». 

A travers l’exemple de l’abattage de plus de 800 requins à La Réunion dans le cadre d’un programme gouvernemental controversé, le film pose une question simple, mais essentielle : et si l’Océan devenait sujet de droit ?

Marine Calmet et son association « Wild Legal » prépare un recours juridique sans précédent contre l’État français, visant à faire reconnaître la responsabilité de celui-ci et à défendre le droit d’existence des requins et de leurs écosystèmes. Le combat que mène Marine Calmet, aux côtés de scientifiques, de juristes et de militant•es, s’inscrit dans un mouvement international qui propose un changement de paradigme : reconnaître des droits à la Nature, et donc à l’Océan. 

Ce que montre ce documentaire, à travers le cas des requins abattus à La Réunion, c’est que le droit peut devenir un outil de transformation. Un outil de résistance. Un outil d’imagination politique. Ce film nous invite à réfléchir ensemble, à débattre, à imaginer ce que pourrait être un droit qui protège réellement le vivant, plutôt que de simplement encadrer sa destruction.

Devant la centaine de personnes présentes, la projection du documentaire a été suivie d’un échange avec Mathilde Ollivier, Marine Calmet, Léa Ducré (réalisatrice), Margot Hemmerich (co-auteure) et Carole Kinnaert (vice-présidente de Longitude 181). Elles sont revenues notamment sur les espoirs déçus de l’UNOC (Conférence des Nations unies sur l’Océan) organisée à Nice en juin dernier et qui a rassemblé des centaines de pays pour peu d’avancées réelles sur la protection de l’Océan. Malgré cet échec, Marine Calmet a souligné l’espoir qu’elle mettait en la nouvelle génération d’avocat·es et de magistrat·es, plus alertes sur les sujets de protection de la nature et qui pourront réaliser ce changement de paradigme du droit.

Mais ce changement doit aussi se faire au niveau politique, et c’est ce qu’a aussi souligné Mathilde Ollivier. Malgré le rejet de sa proposition de loi sur les aires marines protégées le 12 juin dernier, il y a eu une évolution des mentalités sur ces questions, et notamment grâce au travail des associations. Elle a également souligné la nécessité de voter pour des femmes et hommes politiques qui défendent ces valeurs, sans quoi nous ne réussirons pas à basculer vers une politique prenant réellement en compte les droits de la nature.

Enfin, Carole Kinnaert, dont l’association a participé au tournage du documentaire, a souligné l’importance du travail de terrain et de donner à voir la beauté et la richesse de notre écosystème marin. De ne plus avoir une vision anthropocentriste et de considérer les droits de la nature comme l’on considère les droits humains.

Pour en savoir plus sur le travail de Marine Calmet et Wild Legal : https://www.wildlegal.eu
Pour en savoir plus sur le travail de Carole Kinnaert et Longitude 181 : https://www.longitude181.org
Pour en savoir plus sur la proposition de Mathilde Ollivier : https://mathilde-ollivier.fr/ocean/maree-citoyenne-une-loi-pour-proteger-locean