Les sénatoriales approchent à grands pas.

Et malheureusement, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Sur les 1 686 candidats officiellement enregistrés, 68 % ont plus de 50 ans et la moyenne d’âge culmine à 55 ans et 5 mois. À l’autre bout du spectre, seuls 56 candidats, à peine 3,3 % du total, ont entre 24 et 29 ans. Le Sénat s’apprête donc à être renouvelé avec un déséquilibre générationnel qui pose une véritable question de représentativité.

Ce n’est pas un hasard démographique, c’est un verrou juridique.

Des jeunes de 18 ou 19 ans peuvent aujourd’hui être élu·es maires. Pour se présenter à l’élection présidentielle, la majorité suffit ! Mais pour être candidat·e aux élections sénatoriales, il faut encore avoir 24 ans révolus. Alors que les jeunes peuvent exercer les plus hautes responsabilités électives, cette restriction d’âge n’a plus aucune justification.

Je dépose une proposition de loi tendant à abaisser à dix-huit ans l’âge d’éligibilité aux élections sénatoriales. Mon texte supprime la condition d’âge spécifique fixée par l’article L.O. 296 du code électoral, pour aligner l’éligibilité au Sénat sur celle de l’Assemblée nationale, du Parlement européen et de la présidence de la République.

Je ne demande pas que des citoyen·nes de 18 ans siègent au Sénat. Je demande simplement qu’ils aient le droit de se présenter et de laisser les grands électeurs en décider.

Ce choc générationnel est pour moi une nécessité démocratique et politique. Transition écologique, crise du logement, avenir du travail, ce sont les 18-24 ans qui vivront le plus longtemps les conséquences des décisions votées aujourd’hui au Sénat.

Cette proposition constitue une première étape vers une plus grande modernisation et ouverture du Sénat.

Il est temps que cette institution entre dans le 21e siècle.

Mathilde Ollivier

Sénatrice