Je me suis rendue en cette fin de mois d’avril à la rencontre des communautés françaises d’Alicante et de Barcelone et plus spécifiquement des équipes éducatives des écoles françaises de ces deux villes.
Début du déplacement à Alicante, où j’ai pu m’entretenir avec la présidente de l’association la Fraternité française d’Alicante Mme Maguy Corraini et le consul honoraire M. Sènakpon Gbassi. Nous avons pû échanger sur les problématiques sociales au sein de la communauté, notamment depuis la mise en extinction des allocations de solidarité à destination des français dans le sud de l’Europe. L’allocation est ainsi passé de 480€ à 87€ cette année, et sera coupée d’ici 2027. De nombreuses personnes dans la région restent dans des situations financières, sociales et de santé très difficile.
La Fraternité, qui reçoit une subvention d’OLES à hauteur de 20 000€ par an, pallie aux difficultés les plus urgentes. Alors que l’AS existait, la Fraternité n’avait pas l’autorisation de donner des aides régulières. Connaissant les pratiques de d’autres OLES, notamment dans des zones où il n’y a pas d’AS, je me suis engagée à regarder quelles sont les instructions en la matière, afin de pouvoir accompagner au mieux ces français en difficulté.
M. Sènakpon Gbassi a indiqué que la section consulaire à Alicante comporte un agent de droit local, dont le poste devrait être supprimé après son départ à la retraite. Pour 9 000 français installés et 1 millions de français de passage, les enjeux consulaires sont ainsi très présents. Nous avons aussi échangé sur l’accompagnement des personnes âgées qui doivent faire valider leur certificat de vie auprès du consul honoraire, et des étudiants qui font face à des difficultés importantes lors de la recherche de logement.
François Ralle, conseiller des Français de l’étranger, a souligné la place centrale du lycée français, représentant la France à Alicante et le risque que représentait la vente sur le rayonnement de la France dans cette zone.
J’ai ensuite pu me rendre au lycée français d’Alicante où j’ai pu échanger avec la direction, les professeurs et les élèves. Nous avons notamment évoqué les contributions des établissements MLF, l’articulation entre formations MLF et formation des IRF, et les difficultés financières générées par l’accord cadre MLF AEFE négocié en 2021.
Je suis ensuite partie à Barcelone, où j’ai pû échanger avec le Consul Général et la Consule Générale adjointe de l’expérimentation de la demande de passeport en ligne. Le temps de traitement des demandes restent pour eux plus long, avec des procédures qui peuvent rendre difficile la possibilité d’arriver au bout de la procédure. La mise en place de l’expérimentation s’est aussi accompagnée du transfert de la validation des passeports par le CETIV à Nantes, ce qui rallonge quelque peu les délais de traitement des demandes.
J’ai aussi pu échanger avec les directions, parents d’élèves, comité de gestion, représentants du personnels du Lycée Français de Barcelone et de Lesseps, deux établissements que j’avais déjà visité il y a environ deux ans.
J’ai notamment pu revenir lors des échanges avec la direction du LFB et avec le comité de gestion de LESSEPS sur les informations circulant concernant le solde positif de 3 millions d’euros de l’AEFE, suscitant incompréhension face aux annonces en parallèle de fort déficit de l’AEFE, amenant aux mesures drastiques déjà prises et aux réflexions en cours par le gouvernement. Si l’exécution budgétaire est positive, cela n’inclut pas tous les éléments comptables. Par exemple, à l’échelle du LFB, alors que les annonces concernant les pensions civiles ont été faites – même si non-enterinnées à l’été 2025 – l’établissement a stoppé certains investissements prévus et ainsi permis d’économiser 1,7 millions d’euros, et ce à la seule échelle du lycée. J’ai de plus renvoyé à cette analyse que nous avons rédigé avec mon équipe qui montre pourquoi ce chiffre ne démontre pas un budget bénéficiaire.
Avec l’APE du LFB, nous avons notamment discuté de la structure intéressante qu’ils ont mis en place de contractualisation des AESH avec l’APE plutôt qu’avec les parents directement, dans le cadre d’une convention tripartite. Cela présente plusieurs avantages de sécurisation juridique et financière, à la fois pour les AESH mais aussi pour les familles, notamment boursières, qui ne reçoivent la bourse AESH qu’avec plusieurs mois de retard. Frais parfois impossible à avancer pour elles.
Nous avons aussi, au LFB comme à LESSEPS, évoqué la question du bornage et du statut des professeurs détachés, essentiels aux établissements et inquiets face au poids que font peser la prise en charge de leurs pensions civiles par les établissements. Nous avons notamment discuté du manque d’attractivité au retour en France pour des professeurs bornés, leur expérience étant peu valorisée et valorisable lors de leur retour. Au LFB, la perte d’élève ces dernières années ainsi que les contraintes budgétaires qui pèsent sur l’agence, vont engendré des licenciements, qui sont aussi sources d’inquiétudes pour les personnels de droit local. A LESSEPS, la prise en charge des frais de scolarité des enfants de professeurs rejoignant le LFB a aussi été évoquée, plusieurs professeurs indiquant ne pas être en capacité de payer les frais de scolarité.
Enfin, avec le comité de gestion de LESSEPS, nous avons évoqué le renouvellement de la convention avec l’AEFE, que le comité réfléchit à signer ou non. Ils souhaiteraient pouvoir renouveler pour un an, en permettant ensuite de pouvoir rouvrir la réflexion en 2027, avec l’échéance de la rentrée 2027. La situation actuelle avec un délai d’un an avant de pouvoir dénoncer la convention étant pour eux problématiques pour se projeter, sans connaitre les annonces qui seront faites en juin.












