Pour ce deuxième déplacement à Londres depuis le début de mon mandat, j’ai souhaité visiter le CFBL, établissement accueillant environ 685 élèves de la maternelle au collège, dont une très grande part de Français (85 %). J’ai été chaleureusement accueilli par le chef d’établissement David Gassion et par la directrice du marketing et de la communication Justine Goy. Nous avons évoqué les enjeux spécifiques d’attractivité des établissements français, dans un contexte où 80 % des élèves des lycées français à Londres poursuivent ensuite leurs études au Royaume-Uni. La place de l’anglais est ainsi déterminante, tout comme la reconnaissance du baccalauréat, dans le choix des familles de scolariser leurs enfants dans les écoles françaises jusqu’au bac.
Les lycées français du Royaume-Uni ont été particulièrement touchés par l’augmentation de la TVA sur les écoles privées de 25 % l’année dernière, impliquant une hausse directe du même montant des frais de scolarité, à laquelle s’ajoute l’augmentation progressive prévue de la contribution des établissements homologués à 4 %.
Le déplafonnement de la prise en charge des frais de scolarité pour les boursiers, désormais alignés sur les frais de scolarité du lycée Charles-de-Gaulle, a aussi impacté les familles boursières de l’établissement. Une tendance observée ces dernières années est le choix des familles de scolariser leurs enfants dans le système français pour une période donnée — le primaire ou le secondaire —, choix multifactoriel mais qui n’est pas étranger à la hausse des frais de scolarité dans les établissements français.
J’ai ensuite pu échanger avec Mme Anissia Morel, conseillère culturelle et son adjoint M. Gilles Morellato, qui suit plus spécifiquement les questions d’éducation sur le réseau français à Londres et au Royaume-Uni. Nous avons évoqué la diversité du niveau de contribution des établissements français à Londres, allant d’une absence de contribution pour certains à une contribution importante pour d’autres. De même, les questions immobilières, particulièrement importantes pour les nouvelles familles face aux prix de l’immobilier à Londres, impactent la capacité des familles à scolariser leurs enfants dans des établissements éloignés de leur lieu de domicile.
J’ai ensuite pu échanger avec le consul général, Monsieur Olivier Guyonvarch, sur les enjeux consulaires à Londres, l’un des plus gros postes consulaires avec Genève. Nous avons notamment évoqué les moyens de rationaliser les réponses aux usagers et la mise en place récente de créneaux pour la déclaration des naissances au consulat.
Enfin, Monsieur le consul général nous a alertés sur une situation critique concernant les prisons anglaises, qui renvoient les détenus étrangers dans leur pays d’origine sans suivi de leur incarcération. Des détenus, potentiellement condamnés pour des faits graves, pourraient ainsi être expulsés du Royaume-Uni et remis en liberté en France, sans contrôle, suivi ou nouvelle interpellation. Nous suivrons l’avancée de ce dossier et la collaboration entre les ministères de la Justice afin que ces cas puissent faire l’objet d’un suivi spécifique.
Cette journée londonienne s’est terminée par un échange avec Sophie Gavrois, présidente de FLAM UK, qui m’avait également transmis, dans le cadre de la mission d’information, des suggestions afin d’améliorer le suivi et l’accompagnement des associations FLAM. L’un des enjeux des associations FLAM au Royaume-Uni est la responsabilité importante en termes de gestion reposant sur des bénévoles qui exercent parfois, pour la première fois, ce type de fonction. Le besoin d’accompagnement est important, alors qu’un tiers des membres des bureaux est nouveau, un tiers y participe depuis trois à cinq ans et un tiers depuis plus de dix ans.
Nous avons ainsi évoqué l’inadéquation des subventions par projet pour répondre aux besoins des associations FLAM, dont les bénévoles n’ont pas le temps de développer des projets supplémentaires à leurs activités quotidiennes. Ainsi, sur la soixantaine d’associations FLAM UK, seules huit demandent cette année une subvention pour projet. Nous avons échangé sur notre demande commune, que nous portons auprès du ministère des Affaires étrangères, d’une subvention pouvant répondre aux enjeux de fonctionnement des associations. Cela nécessiterait néanmoins un contrôle accru de l’administration quant à la bonne utilisation de l’argent public, mais permettrait de décharger les associations de la lourde gestion administrative qui leur incombe.
Merci à toutes et tous pour ces échanges !







