J’ai interrogé Eléonore Caroit, la ministre déléguée des Français·es de l’étranger, sur la cession des établissements de la Mission laïque française (MLF) en Espagne, une décision prise sans véritable concertation avec les familles et les élus, après d’importantes hausses des frais de scolarité et le déconventionnement de deux établissements en 2023.

J’ai rappelé que le groupement AFLEC-GEE avait été désigné comme repreneur alors que l’AFLEC était présentée par la MLF comme une « association sœur » déjà intégrée à son réseau. Cette opération soulevait des interrogations sur l’évaluation d’un patrimoine largement constitué grâce à des financements publics, ainsi que sur le contrôle des fonds versés par l’État à la MLF.

J’ai demandé à la ministre quelles garanties seraient apportées concernant la continuité pédagogique, les tarifs de scolarité et la pérennité des établissements, y compris les plus fragiles. J’ai également appelé à une transparence complète sur l’évaluation des biens concernés et à la mise en place d’un contrôle indépendant, notamment par la Cour des comptes, afin d’assurer le bon usage des deniers publics.

Retrouvez sa réponse en fin de vidéo.

Réponse du Ministère délégué auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargé de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger publiée le 08/07/2026

Réponse apportée en séance publique le 07/07/2026

Mme Eléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger. Madame la sénatrice, j’ai déjà eu l’occasion, en effet, d’évoquer, dans cette enceinte, la situation de la Mission laïque française avec vous et avec certains de vos collègues. J’ai ainsi répondu, il y a quelques semaines, à une question de la sénatrice Hélène Conway-Mouret.

La situation est telle que je vous l’ai présentée. L’État ne siège au conseil d’administration de la MLF qu’à titre consultatif ; il peut juste, dans un cadre précis et bien délimité, contribuer au financement du réseau, mais cela reste une exception.

Comme je viens de le rappeler dans ma réponse à Mme Vogel, la MLF fait partie du réseau de l’enseignement français à l’étranger, qui est composé d’établissements aux statuts divers, depuis la gestion directe jusqu’au statut d’établissement partenaire, dans lesquels l’implication de l’État varie en fonction des statuts et des législations applicables.

Pour autant, nous ne sommes pas aveugles. Nous suivons l’évolution de la situation avec attention – les parlementaires nous incitent fortement à le faire, mais il s’agit, de toute manière, d’un sujet très important.

Nous avons ainsi demandé à la MLF de tenir les engagements qu’elle a pris. Un audit, dont les conclusions ont été rendues publiques récemment, a montré l’existence de dysfonctionnements structurels, qui ont conduit la MLF à vendre son réseau.

Le Gouvernement suit donc avec beaucoup d’attention l’évolution de la situation – j’y insiste – tout en respectant la place qui lui est assignée dans le cadre de la gestion de ce type d’établissement partenaire.