J’ai commencé ce déplacement au Québec par une matinée d’échange aux lycées Marie de France et Stanislas avec les directions, les parents, les professeurs et les élèves.
Du fait de la prise en charge de 35 puis 50% des pensions civiles des enseignants détachés, les deux établissements évaluent leurs marges de manoeuvre, limitées du fait de l’entente franco-québécoise qui assure d’une part un financement conséquent des établissements par le gouvernement québécois, et d’autres part une limitation des frais de scolarité. Marie de France a une marge de manoeuvre dans l’augmentation de ses frais de scolarité, tandis que le lycée Stanislas atteint quant à lui déjà presque le plafond.
La situation des deux établissements, dans un contexte nord-américain où la très grande majorité des établissements sont partenaires, est particulière puisque ces deux établissements sont conventionnés. Les réflexions sont aussi spécifiques pour ces deux établissements dans un contexte de salaires plus élevés et de droit du travail protecteur au Canada, amenant à ce que le coût des détachés pour les établissements soient d’après leurs évaluations à cout équivalent à celui des professeurs de droit local.
Marie de France assure de plus les fonctions d’IRF pour la zone et nous avons ainsi pu échanger plus globalement sur les enjeux des établissements nord-américains. J’ai pu parler avec les éco-délégués de Marie de France, que j’avais pu rencontrer lors de ma venue au Canada il y a deux ans, et qui développaient avec leurs professeurs de nombreux projets ambitieux, pour l’établissement et pour leur quartier ! Des échanges enthousiasmants !
J’ai également pu échanger avec la direction, les parents d’élèves, les professeurs et les élèves de l’antenne du lycée Stanislas à Québec qui accueille 440 élèves de la maternelle à la seconde.
Les frais de scolarité importants et en augmentation restent une préoccupation importante pour les familles françaises, avec un nombre toujours plus faible de boursiers dans l’établissement. Les parents d’élève m’ont alerté sur le fait que face à ces coûts, certaines familles décidaient de passer au CNED, n’ayant plus les moyens financiers. Leurs demandes portaient aussi sur les infrastructures de l’établissement, et la difficulté à faire accepter aux familles que malgré les augmentations de frais, les infrastructures et activités parascolaires – enjeux d’attractivité important dans le contexte nord-américain – ne soient pas améliorées.
En visite pour la journée de la Terre, j’ai eu la chance de pouvoir assister à une fresque du climat avec les élèves du primaire et de 6ème. Bravo à eux. Ce sont dans des moments comme cela où notre engagement collectif à l’échelle politique pour répondre à la demande des nouvelles générations quant à leur avenir et au changement climatique fait particulièrement sens !
Puis nous avons déjeuner à l’université et échangé avec X Y et Z (demander les noms à Laetitia Bert) sur les liens entre santé et consommation de poisson, ainsi que de l’organisation des pêcheries au Québec.
Je me suis ensuite rendue au consulat pour échanger avec les services consulaires alors que le poste de Montréal fait face a d’importants défis. En effet, le poste a 70 000 inscrits au registre, alors que la communauté française dans la circonscription de Montréal est estimée autour de 250 000.
La circonscription de Montréal a ainsi vu une hausse des demandes de passeport de plus de 50% entre 2024 et 2025, passant à 28 000 passeports délivrés, alors que les effectifs du poste restait presque stable, avec un personnel supplémentaire. Nous avons aussi échangé avec le poste sur les implications que représentent le passage de la validation des demandes de titre au CETIV, notamment avec des demandes accrues de CNF alourdissant la procédure.
Le poste a accueilli la direction en charge de l’optimisation interne aux services de l’Etat. Montréal étant un poste avec des enjeux particuliers du fait de cette forte augmentation du nombre de demandes, non proportionnelle à l’augmentation des inscriptions au registre et à l’augmentation des moyens du consulat, l’équipe s’est particulièrement intéressée à l’analyse des process et de leur amélioration, afin de permettre notamment aux agents de faire une tâche de bout en bout, d’élargir le champs des informations disponibles pour les agents de droit locaux, et en réorganisant au quotidien les plannings.
Ces échanges sur les services consulaires ont continué à Québec, la circonscription de Québec étant elle aussi touchée par cette sous-inscription des Français au registre et une forte augmentation du nombre de demande de renouvellement des titres d’identité. Avant le Covid, le poste délivrait 1 500 passeport, en 2025 ce chiffre est passé à 6 000.
Nous avons aussi échangé sur le délai de carence, la suppression du PEQ, l’Etias et le positionnement international du Québec, le consulat général de France à Québec ayant une position particulière dans le monde du fait de la relation spéciale entre la France et le Québec. Alors que les relations commerciales du Québec avec les États-Unis étaient elles aussi très importantes, nous avons échangé sur les enjeux stratégiques que cela représente pour le Québec.
Sur l’Etias, une question demeure, sur laquelle j’avais interrogé le ministère de l’intérieur dans une question écrite il y a quelques mois : quel statut pour les citoyens franco-canadiens voyageant avec leur seul passeport canadien ?
La section consulaire de Québec est aussi poste centralisateur pour l’expérimentation du vote electronique. J’ai pu échanger avec le chef de chancellerie et l’agent en charge du traitement des titres sur le déroulé. Leur retour sur la mise en place du dispositif était très positif, contrebalançant mes réserves suite aux échanges lors de la première phase d’expérimentation sur le temps de traitement doublé ou triplé pour les agents et une utilisation principalement par les urbains proches des consulats. Aujourd’hui, le temps de traitement est, d’après les agents, bien plus réduite. La facilité des rendez-vous en ligne et la part importante de français habitant loin des centres urbains utilisant cette possibilité montrent que cette expérimentation semble positive pour les usagers comme pour le poste.
La journée s’est terminé par une manifestation pour la journée de la Terre.
Crédit photo consulat de France au Québec











