Ce mardi 19 mai 2026, j’ai effectué un déplacement à Genève à la rencontre de la communauté française.
J’ai commencé cette journée par un déjeuner avec Claire Thuaudet, représentante permanente adjointe à l’ONU, et Pauline Younes-Moreno, conseillère au pôle des droits de l’Homme. Tous les ans, nous défendons dans le projet de loi de finances les budgets des organisations internationales qui, comme tous les budgets du ministère des Affaires étrangères, sont les premières victimes des coupes budgétaires.
Nous avons pu échanger sur la situation des organisations internationales genevoises, notamment l’OMS et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, particulièrement touchés par la dynamique de coupes budgétaires mondiales, et plus spécifiquement par le retrait des États-Unis de ces organes. La France et l’Europe ont un rôle majeur à jouer pour permettre à ces institutions de continuer à fonctionner, mais aussi pour continuer d’y avoir une influence à travers la nomination de hauts fonctionnaires et les programmes de jeunes experts. L’une des dynamiques inquiétantes est le soutien massif des États-Unis aux associations anti-droits, qui exercent une pression importante sur les États encore membres des organisations internationales afin d’imposer leur narratif de recul sur les droits des femmes, des personnes LGBTQIA+, ainsi que sur les questions de genre.
J’ai ensuite eu le plaisir de retrouver le président de l’École primaire française de Genève M. Bernard Revol, la directrice Mme Virginie Chiffoleau et M. François Courant, conseiller de coopération et d’action culturelle. L’établissement est en plein travaux d’agrandissements. Nous avons évoqué les niveaux de contribution des écoles partenaires, ainsi que le montage historique de cette école qui bénéficie d’un rattachement à la Haute-Savoie, permettant à des professeurs de cette région d’enseigner à Genève.
J’ai ensuite pu échanger avec Monsieur le consul général Clément Leclerc et son équipe sur les évolutions de la communauté française depuis mon dernier passage il y a maintenant deux ans. Nous avons notamment évoqué une problématique touchant un certain nombre de circonscriptions, à savoir le fléchissement des inscriptions aux registres, historiquement plus hautes que les inscriptions à la LEC, des courbes qui aujourd’hui se rejoignent. L’une des pistes très pertinentes évoquées par le consul est la mise en place du répertoire électoral unique en 2018. Avant cette date, les contrôles et radiations du registre étaient beaucoup plus libéraux, de cette inscription conditionnant l’inscription à la liste électorale consulaire, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui. Du fait des mécanismes de suppression des données des usagers un an après la radiation, la réinscription est également plus longue.
Trois sujets sont aussi au cœur des débats en Suisse, avec un enjeu fort pour les Françaises et les Français de Suisse ainsi que pour les relations bilatérales : le G7 à Évian, avec un risque de contre-sommet à Genève, alors que les souvenirs des heurts du dernier G7 en 2003 sont encore vivaces à Genève, ; le référendum porté par l’extrême droite suisse sur la limitation de la population à 10 millions, et la question de l’exemption du service militaire suisse pour les binationaux franco-suisses, qui peuvent choisir la journée de JDC plutôt qu’un service d’un an. Nous avons aussi évoqué le drame de Crans-Montana et l’importance pour les compatriotes touchés par ce drame de pouvoir être en lien avec les services consulaires dès les premières heures de l’incendie. Enfin, le consulat fait aussi face à des demandes de plus en plus importantes de perte de nationalité française, passant de 58 en 2023 à 142 en 2025.
J’ai fini cette journée par un échange avec M. Emmanuel Coigny, représentant du GESBL, que j’avais eu le plaisir de rencontrer au lycée du Léman il y a deux ans. Le GESBL est en train de finaliser un accord de partenariat avec l’AEFE afin d’homologuer les classes de première et de terminale. Cela permet aux élèves d’être évalués par contrôle continu pour le baccalauréat et assure une plus grande pérennité à ces établissements, le partenariat avec l’académie de Grenoble, préalablement existant, devant être renouvelé tous les deux ans. Ce sont ainsi environ 220 élèves de terminale et 220 élèves de première qui passent en filière homologuée en Suisse.
Merci à toutes et tous pour ces échanges !







