Le 20 janvier 2026 en hémicycle, j’ai posé une question à madame la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Eléonore Caroit. Cela concernait le désengagement brutal de la Mission laïque française (MLF) de ses établissements scolaires en Espagne.
Des milliers de familles et de personnels sont dans l’incertitude depuis des mois. La réponse de la ministre déléguée a apporté quelques éléments utiles. Elle reste toutefois insuffisante sur les points essentiels.
D’abord, aucun audit ni aucune saisine de la Cour des comptes ne sont envisagés !
Malgré la demande des élus, des parents d’élèves et de l’Assemblée des Français de l’étranger depuis plusieurs années, le gouvernement refuse toujours un audit indépendant. La MLF reçoit pourtant plusieurs M€ de fonds publics chaque année.
Enfin, comme sur d’autres questions relatives à l’enseignement français à l’étranger, nous assistons à un nouvel exemple du désengagement de l’État, visiblement plutôt assumé.
La MLF a annoncé son retrait sans même en informer l’État au préalable. La ministre a certes reçu ses dirigeants après coup, par suite des interpellations des élus, et a obtenu des promesses : continuité pédagogique, reprise des personnels, maintien de l’homologation… mais sans aucune garantie concrète à l’ordre du jour. Pas d’engagement clair sur la stabilité des frais de scolarité alors que les familles ont déjà subi +19% en deux ans. Pas de garantie ferme sur les droits à carrière et à retraite des enseignants.
Le gouvernement se retranche derrière le statut associatif de la MLF et la voix « uniquement consultative » de son représentant au conseil d’administration. Mais comment accepter qu’avec 14 M€ d’aide annuelle garantie, 20 M€ versés en 2022, le financement des personnels détachés, des bourses et des travaux de sécurité, l’État se contente d’être aussi peu informé et jamais proactif ? Ce statut particulier ne doit pas servir de prétexte pour se défausser de toute responsabilité.
Quand on finance massivement avec l’argent public, on est en droit d’exercer un véritable droit de regard et de contrôle. Les familles et les personnels méritent mieux qu’un État spectateur qui découvre les décisions de la MLF en même temps qu’eux.
Nous continuons à exiger la transparence du processus de reprise, des garanties concrètes pour les familles et les personnels et un contrôle de l’utilisation des fonds publics.




